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Publié : 17 octobre 2016

De la formation, oui ! Du temps de concertation, oui ! Des formations improvisées, non !

Comme nous nous y attendions, la mise en place de la réforme des cycles 3 et 4 concernant les collèges et l’enseignement primaire, dans le cadre de la « refondation de l’école », s’avère ardue pour chaque établissement, pour chaque collègue tant dans le 1er degré que dans le second degré
Il s’agit encore d’une contre-réforme drapée dans les habits vertueux de la pédagogie et le manque de moyens et de contenus est toujours critique.

Le bilan de formation l’année passée est désastreux !

Dans le 2nd degré :
Les 5 journées de formation obligatoires pour les enseignants, imposées aux dépens de notre formation continue annuelle, ont été un énorme temps perdu, en plus d’être une gageure.
Censées nous éclairer, elles ont surtout réussi à brouiller les cartes avec des informations souvent contradictoires, des formateurs ou formatrices non formés, des documents non finalisés ou d’autres trop « précieux » pour être distribués aux enseignants et seulement proposés à la consultation !
Des informations ont été mises en ligne, mais la consultation des sites « educ.gouv » ou « eduscol » reste toujours une épreuve de force et les documents fournis manquent souvent de clarté et de concision.
Pendant ces réunions, au contenu trop léger et à la durée insuffisante, les professeurs ont encore une fois servi de têtes chercheuses pour réaliser des propositions pertinentes de cours, d’EPI ou d’AP en tenant compte du nouveau livret unique de compétences ou des nouveaux programmes.
Un véritable casse-tête peu concluant et souvent fastidieux au vu du travail à mener déjà dans les classes et des autres impératifs liés au métier.
Les enseignants du 2nd degré ont fini l’année épuisés, découragés et désorientés, avec encore cette impression désagréable d’être laissés seuls face à une immensité de questions et de pistes de travail possibles.
L’année scolaire passée a donc été marquée par la prolifération de réunions pour préparer la mise en place de cette réforme, le plus souvent hors du temps devant élèves ou même, in extremis, le 04 et le 05 juillet !

Dans le 1er degré :
La réforme du collège, qui intègre le cycle 3 de l’enseignement primaire dont la ministre vantait l’ambition, aurait nécessité des moyens à la hauteur de cette ambition. Dans les écoles, les collègues sont devant leurs élèves depuis le 1er septembre, avec de nouveaux programmes pour lesquels aucune formation n’a été dispensée.

Du temps de concertation, oui !

Ces nouveaux programmes impliquent des échanges au sein des écoles mais aussi avec les collègues de collège du cycle 3. Les programmations, l’organisation des enseignements, les retours réguliers sur cette organisation nécessitent du temps de concertation associant l’ensemble des collègues concernés.

Pas de formations sans formateurs

Si des rencontres entre enseignants, des échanges sur l’éducation aux média et l’utilisation des outils numériques sont prévus, cela ne peut tenir lieu de formations. Une fois de plus, les enseignants se retrouvent face au désengagement de l’État dans la formation continue.

Sud éducation dénonce les formations-formatage et les formations sur la période des vacances et les formations dématérialisées

Demandons
- enfin une réelle concertation des équipes intégrée dans leurs heures d’enseignement ainsi qu’une baisse des effectifs par classe pour permettre un réel accompagnement individualisé,
- du temps pour de vraies réflexions pédagogiques débouchant sur une vraie formation continue.

La mise en place du volet numérique !

Pour l’année 2016-2017, cette pseudo- formation se poursuit avec la mise en place du volet numérique !
Les 18 et 19 octobre prochains, 6 h seront consacrés à la réforme en cours.
Dans les collèges, ces formations échoient finalement aux chefs d’établissements, ce qui a déclenché un fort mouvement de contestation dans leurs rangs.
Dans les écoles, dans quel cadre se dérouleront ces 6 heures ? Les contenus seront-ils adaptés aux attentes des collègues ? Les formateurs présents seront-ils compétents au regard de l’importance des aspects qui seront abordés ?
Le 19 octobre : sur ces temps, des demi-journées d’info syndicale sont organisées par sud éducation pour les personnels du 1er degré à Lorient et La chapelle Caro.

On nous vend le numérique !

Le tout numérique, tant vantée par le gouvernement, occulte clairement la question des contenus et du pédagogique !
On nous vend le numérique comme ayant de nombreux avantages pédagogiques : l’enseignement serait plus ludique, la motivation des élèves accrue. Ils accéderaient à des ressources plus riches, seraient acteurs et donc moins passifs. Enfin, le numérique servirait à réduire les inégalités !!!
Concernant la pédagogie active, on se rend compte qu’un apprentissage actif est surtout lié à la production de contenu. On a tendance à confondre la notion d’activité avec le fait qu’une image bouge et qu’un élève puisse cliquer dessus. L’activité, c’est ce qu’un élève va faire après avoir étudié un support, qu’il soit vidéo ou papier. Cela n’a rien à voir avec le défilement d’une vidéo. Si on regarde une vidéo, et qu’on propose ensuite à un élève de produire un schéma de ce qu’il a vu, ou d’écrire un texte, c’est cela qui va le rendre actif. La notion de pédagogie active est aujourd’hui capturée par le numérique.
En réalité, on la retrouve chez Freinet, dès les années 1920, où l’enfant était amené à écrire après chaque ballade dans la nature, à faire une correspondance, à créer un journal de l’école.
Il n’y a pas forcément de corrélation entre la motivation que l’on a pour un apprentissage et l’efficacité dans cet apprentissage. C’est le « paradoxe préférence-performance » souligné par certaines études. Un enfant peut être motivé pour faire fonctionner sa tablette, mais ce n’est pas une garantie d’appropriation des contenus.

La fascination pour le numérique est générale et en particulier pour notre ministère parce qu’il incarne aujourd’hui un nouveau relais de la croissance, ce ne sont plus les haut-fourneaux qui vont créer de la croissance, mais l’économie de la connaissance et de la formation.
Équiper chaque élève d’une tablette, si l’on ajoute les coûts des logiciels et de la maintenance, revient à 450 euros par élève, au minimum. Si elle ne casse pas, cette tablette peut durer de la cinquième à la troisième. Cela donne un coût de 150 euros par élève et par an. Soit 900 millions d’euros par an, si les six millions d’élèves du secondaire, jusqu’au lycée, sont équipés. Ce sont des dépenses très importantes, car contrairement à un manuel, la tablette ne peut pas être passée à un camarade l’année suivante. Elle est rapidement obsolète, ses logiciels sont périmés : ce qui rend l’enseignement à la merci des lobbys.. Apple, Google….
Si nous utilisions ces moyens financiers pour l’embauche de nouveaux professeurs, cela ferait plusieurs milliers de postes supplémentaires

On oublie bien vite la question des électro-fréquences émises par les appareils numériques, classées par l’OMS comme cancérogène possible pour l’homme. Une donnée confirmée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), et validée par le législateur français. Depuis début 2016, une loi interdit l’usage du wifi dans les crèches. Malgré ces alertes, l’Éducation nationale installe le wifi dans tous ses collèges, parfois même au primaire. Est-ce un manque de renseignements, ou de l’irresponsabilité ?

Eduquer au numérique !

Pourtant, Il est primordial d’éduquer au numérique : pas avec un numérique durant toute la scolarité saupoudrée à grands coups de communication pour une vitrine pédagogique et de matériels soit disant innovants et vite obsolètes.

Le numérique pourrait être une vraie matière à part entière, qui s’appelle d’ailleurs informatique !, et où l’on apprendrait à coder, où l’on dépècerait un ordinateur, où l’on s’interrogerait sur la provenance des composants, leur utilité, et qui serait un outil pour la réflexion !
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Demandons
- une réelle formation des enseignants dans le domaine du numérique, et que des postes soient créés pour gérer les systèmes informatiques -actuellement le bricolage est général avec les DGH ou peu de moyens 1h30 pour un collège de 400 élèves.

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