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Publié : 2 septembre 2016

Rythmes scolaires : un rapport qui fâche !

Le Ministère de l’Education vient de rendre public un rapport sur l’efficacité pédagogique de la réforme des rythmes scolaires que lui a remis l’an dernier l’Inspection Générale de l’Education Nationale

Très loin de l’enthousiasme de notre ministre pour qui cette réforme doit permettre de mieux apprendre, elle n’a pour l’IGEN aucun effet sur les apprentissages. En instaurant un déséquilibre dans la répartition des domaines d’apprentissages par l’externalisation sur le temps périscolaire des sciences, de l’EPS et des arts visuels et musicaux, on met en concurrence les temps scolaires et périscolaires.

Après-midi plus courts, temps de récréation en moins, mise en place de Temps d’Activité Périscolaire sur la pause méridienne, les journées à l’école restent aussi longues et s’alourdissent de manière à défavoriser la concentration des élèves. L’IGEN fait état de nombreuses remarques de collègues sur la fatigue accrue de ceux-ci et particulièrement ceux de maternelle dont la spécificité des rythmes d’apprentissage n’a guère été prise en compte.

Inégalités territoriales

Le rapport pointe encore l’effet aggravant des diverses dispositions dérogatoires sur les déséquilibres des rythmes et des domaines d’apprentissage. D’une commune à l’autre, le redéploiement des moyens initialement dédiés au temps scolaire s’est fait dans des conditions très variables d’une commune à l’autre. On a renforcé en pratique les inégalités territoriales dans l’école républicaine.

Reconnaissons au gouvernement une certaine efficacité dans la réalisation de son véritable projet de démantèlement libéral du service public de l’éducation : la territorialisation de l’école désengage l’Etat et charge les communes d’attributions nouvelles, en soumettant les choix pédagogiques et le fonctionnement des écoles aux impératifs politiques locaux.

Un échec annoncé !

Aujourd’hui, Sud éducation appuie son argumentaire sur un rapport de l’Inspection, ça n’est pas banal. Le fait est que ce rapport ne fait que confirmer une grande part de ce que nous dénoncions déjà comme dérives potentielles dès les annonces de 2013. Cette réforme ou plutôt contre-réforme était un échec annoncé et son bilan est catastrophique tant pour les élèves que pour les enseignants.

- Emplois du temps absurdes, amplitude horaire augmentée, confusion scolaire-périscolaire, municipalités intrusives, fatigue accrue pour tout le monde et accentuation des inégalités....

l’abrogation de cette réforme reste à nos yeux plus que jamais nécessaire pour repenser l’école et la faire évoluer positivement dans un cadre à la fois le plus large possible et préservé des intérêts économiques, financiers et politiques de court terme.