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Publié : 12 novembre 2015

NON A la fermeture du Collège Montaigne de Vannes !

Le collège Montaigne à Vannes doit fermer nous dit‐on ! Ce choix politique est inacceptable !

Le problème de ghettoïsation de Montaigne n’est pas dû qu’à l’évolution démographique du quartier et l’augmentation du prix de foncier, pour preuve l’explosion de collège privé du Sacré‐Coeur avec 34 divisions et 949 élèves ainsi que la réouverture de l’école privée St Bernadette à Conleau et le recrutement en hausse de L’école René Rogue dans les années passées. Même si le quartier a vieilli, des enfants vivent dans ce quartier et suffisamment pour conserver un service public d’éducation.

Ce sont des volontés politiques convergentes qui ont permis cette ghettoïsation avec pour conséquence la mise en difficulté du service public sur Vannes sud

Cela a commencé par la fermeture de l’école Joseph Le Bris qui géographiquement constituait un atout pour la mixité sociale et permettait une liaison entre les quartiers
HLM et des rues pavillonnaires.

Dans le même temps, la politique suivie par Vannes Golfe Habitat qui gère les logements HLM n’a pas et ne favorise toujours pas la mixité sociale. Dans le quartier coexistent deux pôles importants de logement HLM Kercado et Cliscouet.
Les populations ayant le plus de difficultés sociales sont logées dans les barres de Kercado ce qui entraine par exemple des difficultés de fonctionnement sur l’école
d’Armorique avec un manque de moyens pour aider les enfants allophones notamment. Dans le quartier de Cliscouet,les affectations de logement tournent peu et des familles plus favorisées socialement et qui n’ont plus d’enfants restent dans des grands appartements.

Par ailleurs, la ville a mené une politique qui a choisi l’abandon du quartier de Kercado au profit de celui de Ménimur : pas de requalification du quartier, fermeture du mille club et diminution de l’encadrement éducateur, restrictions desheures d’ouverture du commissariat de Kercado ,… ce qui a pour conséquence d’en faire une zone de non droit avec une propagande dans les journaux qui gonflent les problèmes, font le buzz pour effrayer les habitants et une élection municipale qui a vu la droite négocier la construction d’une mosquée contre l’abstention d’un électorat de "gauche".

Enfin, une politique de l’éducation nationale qui par l’intermédiaire de la DASEN défend l’enseignement privé confessionnel en affirmant son rôle de service public en acceptant de payer de plus en plus d’enseignants au collège du Sacré‐Coeur sans remettre en cause le fait que l’enseignement privé est un vecteur de déscolarisation,
car il choisit ses élèves et rejette ceux qui ne correspondent pas à ses profils de sélection.
L’enseignement public lui accepte tous les élèves. Le déséquilibre public‐privé s’est accentué au cours des années mais les responsables politiques n’ont rien fait contre, voire même l’ont accompagné.
Montaigne c’étaient 6 et 7 classes par niveau il y a 15 ans, et donc une mixité qui s’apprend à l’école.

Actuellement la fermeture de Montaigne a été demandée par le Conseil général et est approuvée par la DASEN, qui y voit une manière de sauver St Exupéry en réaffectant une partie des moyens du collège, ceci en accord avec la ville qui a ciblé la rénovation du quartier de Ménimur.

La solution n’est pas dans la fermeture de Montaigne car il sera impossible de réouvrir une structure de collège public si besoin est. De plus, cela va affecter les écoles primaires publiques du secteur, ainsi que le lycée Lesage où tous les
élèves d’où qu’ils viennent sont acceptés. Les élèves y obtiennent les meilleurs résultats après deux années d’études contrairement à ce que veut faire croire l’opinion publique lorsque les résultats mis en avant concernent uniquement ceux du baccalauréat.

Madame la DASEN n’est pas une fervente défenseure de l’enseignement public. Elle préfère, et c’est dans la politique actuelle du gouvernement, équilibrer public et privé suivant les besoins : tuer un établissement public ne la dérange pas puisqu’elle affirme haut et fort que le service public est assuré aussi par l’enseignement privé : difficile d’y croire lorsque des élèves en échec sont abandonnés en cours de scolarité (dans le meilleur des cas ils sont alors scolarisés dans le public..), lorsque des élèves ne sont pas inscrits aux examens pour ne pas faire baisser le sacro‐saint pourcentage de réussite, lorsque sur 40 familles de réfugiés, le privé en accueillera 2.

Oeuvrer en faveur de la mixité sociale et combattre les déterminismes sociaux ne semble pas être une des priorités du gouvernement ! L’école de la République se doit d‘assurer l’accès à l’Education sur tout le territoire !

Messieurs et Mesdames les responsables politiques, un peu de courage ! La mixité sociale passe par l’éducation. Ne fuyez pas vos responsabilités, sauvez le collège Montaigne à Vannes !

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