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Publié : 24 juin 2015

Réunions d’information sur la réforme dans les collèges du Morbihan

Déclaration commune des Unions départementales CGT, FO, Solidaires, FSU

Les Unions départementales CGT, FO, Solidaires, FSU souhaitent au travers de la diversité des salariés qu’elles représentent, appeler ces derniers, futurs, anciens ou parents d’élèves en collège à participer aux réunions d’information organisées par les représentants locaux de l’intersyndicale de l’Education Nationale dans les établissements ou à l’extérieur quand celles-ci ne sont pas autorisées. Les unions départementales dénoncent l’entrave faite à l’organisation de réunions d’information dans plusieurs collèges du Morbihan à partir de 18h

Ces réunions vont se poursuivre dès la rentrée scolaire, le contenu de cette réforme est complexe et demande le temps nécessaire de s’en approprier le contenu, de comprendre les conséquences de son éventuelle application. La focalisation sur le latin, les langues anciennes, n’a pas permis d’en comprendre les fondamentaux en particulier l’autonomie. Autonomie que prône l’enseignement confessionnel catholique qui soutient la réforme.

Les unions départementales appellent à signer la pétition "unautrecollege2016" qui compte déjà plus de 25 000 signatures.

On nous affirme que l’amélioration qualitative du service public d’éducation repose sur une plus grande autonomie donnée aux établissements, qu’il en résulterait systématiquement une dynamique favorable aux élèves. Le bilan des lycées professionnels ou plus largement encore celui des pays qui ont mis en œuvre l’autonomie des établissements est loin de convaincre. L’accroissement des inégalités et la dégradation des conditions de travail des personnels de nuisant à la qualité des apprentissages des élèves.

Car dans un contexte d’insuffisance de moyens, auquel répond parfaitement l’école du socle commun -socle à minima-, ce n’est pas du dynamisme pédagogique qui résultera d’une telle politique mais bien au contraire une concurrence entre les établissements, les disciplines, les personnels, les projets et un renforcement des pouvoirs hiérarchiques produit par une tension entre une injonction et les moyens. La qualité des services publics a un coût. On ne peut prôner une meilleure prise en compte de la situation de chaque élève quand les effectifs de toutes les classes continuent à croître. On ne peut prétendre améliorer la compétence professionnelle des personnels quand on a tant réduit leur formation continue.

On ne pourra réformer le collège sans l’adhésion des personnels. C’est parce qu’ils veulent une école égalitaire que les enseignants refusent une telle réforme. C’est aussi parce que leurs compétences professionnelles, pédagogiques et didactiques, les mettent en garde contre les illusions. Ils affirment les raisons fondamentales pour lesquelles ils ont choisi leur métier : contribuer à un service public d’Éducation capable de donner à toutes et tous une culture commune exigeante et ambitieuse. S’ils refusent cette réforme c’est parce qu’ils ont l’intime conviction qu’elle ne leur donnera pas les moyens réels de mieux exercer leurs missions. C’est cela qu’ils disent haut et fort en exigeant l’abrogation du décret du 20 mai. Ne pas vouloir les entendre constituerait une erreur grave au moment où le constat de la nécessité d’une amélioration du collège et des conditions de travail des enseignants est unanime.